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Mortalité au travail: 2,78 millions de décès par an dans le monde selon l'OIT

En un an 2,78 millions de travailleurs sont morts  dans le monde: voilà le résultat du rapport de l’Organisation  internationale du Travail (OIT) et l’association internationale de la  sécurité sociale (AISS). Présentées lundi 4 septembre à Singapour à  l’occasion du 21ème Congrès mondial sur la sécurité et la santé au  travail, ces nouvelles estimations sont sans appel : le nombre de décès  liés au travail augmente une nouvelle fois.
Toutes les 15 secondes, un  travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liés au travail. Cela  fait donc 2,78 millions de décès chaque année dans le monde. Tous les 3  ans, l’Organisation Internationale du travail  rend de nouvelles estimations mondiales sur le nombre d’accidents du  travail et de maladies professionnelles subis chaque année. Et chaque  année ce chiffre augmente.
En 2000, le nombre de décès liés au travail était établi à 2  millions, il y a 3 ans il était de 2,3 millions. Aujourd’hui pour plus  de la moitié de ces travailleurs, leur mort est liée à une maladie  professionnelle. La première de ces maladie est le cancer. Cela est dû  notamment à des expositions à certaines substances tel que l’amiante par  exemple ou encore les goudrons de houille

Des données sur la santé au travail de plus en plus fiables

Les secteurs majoritairement touchés restent les mêmes :  l’agriculture, le secteur de la construction et le secteur de la  maintenance. Le nombre d’accidents mortels est moins important mais  reste édifiant : en un an, 380 000 travailleurs sont morts à la suite  d’un accident.
Malheureusement ces chiffres ont sans doute toujours été aussi  catastrophiques. Pour Nancy Leppink, chef du Service de l'administration  du travail et de la sécurité et santé au travail à l’Organisation  internationale du travail, cette augmentation est surtout liée aux  technologies plus efficaces pour recueillir ces données. Des données qui  à l'échelle mondiale varient en fonction des pays. Si l’on prend l’Asie  et l’Europe par exemple : chaque année l’Europe compte un peu plus de  200 000 morts liés à un accident ou une maladie professionnelles, l’Asie  en compte 1,5 millions. Si ces chiffres sont impressionnants, il faut  aussi rappeler que l’Asie est la région la plus peuplée du globe et que  ces estimations ne tiennent pas compte de certaines entreprises  européennes qui externalisent une partie de leur activité en Asie.

Un coût mondial important

Si les décès liés au travail se concentrent dans certaines régions, le  phénomène touche bel et bien le monde entier. C’est simple : le fardeau  économique des mauvaises pratiques de sécurité et santé au travail  représente, près de 4% du PIB mondial soit près 2 500 milliards d’euros.  A l’heure de la mondialisation et des traités commerciaux,  tout le  monde est bien sûr touché. Il y a donc, au delà de la moralité, un  interêt économique à protéger les travailleurs. Selon plusieurs études,  notamment de l’Association internationale de la sécurité sociale « Si une entreprise investit 1 euro dans la prévention, le retour sur investissement est estimé à plus de 2 euro ». Les entreprises ont donc tout intérêt à protéger leurs salariés.
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